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Voici le discours intégral prononcé par le nouveau président Nicolas Sarkozy mercredi après-midi au Bois de Boulogne (Paris 16e):

"Je n'ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Moquet sans en être profondément bouleversé et je voudrais dire aux Français que ma première décision de président de la République sera de demander au futur ministre de l'Education nationale que cette lettre soit lue en début d'année à tous les lycéens de France. Parce qu'un jeune homme de 17 ans qui donne sa vie à la France, c'est un exemple non pas du passé, mais pour l'avenir. Je veux que chacun comprenne que pour moi, cette lecture, c'est un grand symbole.

"Mesdames et Messieurs,

"Nous voici donc au Bois de Boulogne, en ce lieu tragique où 35 jeunes résistants furent fusillés par la Gestapo il y a 63 ans.

"Massacre inutile, absurde, à quelques jours seulement de la Libération de Paris, alors que tout est joué. Ce n'est pas un acte de guerre. C'est un meurtre perpétré de sang froid. C'est un acte de vengeance.

"Au moment même où ils sont exécutés, les 35 résistants capturés par traîtrise sont déjà des symboles. Ils le sont aux yeux mêmes de leurs bourreaux. Sur les visages des 35 martyrs, dont beaucoup ont à peine 20 ans, les bourreaux lisent leur défaite désormais inéluctable et, ce qui leur est plus insupportable encore, ils lisent la préfiguration d'un avenir où les bourreaux n'auront plus leur place. Ils ont trop tué. Ils ont trop de sang sur les mains. Ce ne sont plus des soldats, ce sont des assassins qui ne sont plus mus que par le seul instinct de mort et de destruction.

"Ici, en ce 16 août 1944, ces 35 jeunes Français qui vont mourir incarnent ce qu'il y a de plus noble dans l'homme face à la barbarie. Ici en ce 16 août 1944, ce sont les victimes qui sont libres et ce sont les bourreaux qui sont les esclaves.

"Les résistants sont jeunes. Ils vont mourir. Mais ce qu'ils incarnent est invincible: ils ont dit non, non à la fatalité, non à la soumission, non au déshonneur, non à ce qui rabaisse la personne humaine. Et ce non continuera d'être entendu bien après leur mort parce que ce non, c'est le cri éternel que la liberté humaine oppose à tout ce qui menace de l'asservir.

"Ce cri, cher Max Gallo, nous devons l'entendre encore. Ce cri, je veux que dans les écoles, on apprenne à nos enfants à l'écouter et à le comprendre. Si nous voulons en faire des hommes et non de grands enfants, nous avons le devoir de leur transmettre à notre tour cette idée de l'homme que les générations passées nous ont léguée et au nom de laquelle tant de sacrifices ont été consentis.

"Si j'ai tenu à faire ici ma première commémoration en tant que président de la République, dans ce lieu où de jeunes Français furent assassinés parce qu'ils ne pouvaient pas concevoir que la France reniât toute son histoire et toutes ses valeurs, si j'ai tenu au premier jour de mon quinquennat à rendre hommage à ces jeunes résistants pour lesquels la France comptait davantage que leur parti ou leur Eglise, si j'ai voulu que fût lue la lettre bouleversante que Guy Môquet écrivit à ses parents à la veille d'être fusillé -'Ma petite maman chérie, mon petit papa adoré'-, c'est parce que je crois qu'il est essentiel d'expliquer à nos enfants ce qu'est un jeune Français, qu'il est essentiel de leur montrer à travers le sacrifice de quelques-uns, de ces héros anonymes dont les livres d'histoire ne parlent pas, ce qu'est la grandeur d'un homme qui se donne à une cause plus grande que lui.

"Je veux par ce geste que nos enfants mesurent l'horreur de la guerre et à quelles extrémités barbares elle peut conduire les peuples les plus civilisés. Cela s'est passé en France, cela s'est passé en Europe, cela s'est passé au XXe siècle.

"Souvenez-vous, enfants de France, que des hommes admirables ont conquis par leur sacrifice la liberté dont vous jouissez aujourd'hui. Mais souvenez-vous aussi que la guerre est terrible et qu'elle est criminelle.

"Puissions nous faire que dans le monde que nous vous laisserons, le risque de voir triompher cette barbarie ait disparu. Que le souvenir du grand crime que nous commémorons aujourd'hui vous pousse à oeuvrer pour la paix entre les hommes. Qu'il vous fasse comprendre que pour mettre fin au cycle éternel du ressentiment et de la vengeance, il a fallu construire l'Europe. Qu'il vous fasse comprendre pourquoi la réconciliation franco-allemande fut une sorte de miracle et pourquoi jamais rien ne doit conduire à sacrifier l'amitié qui après tant d'épreuves lie désormais le peuple français au peuple allemand.

"C'est la raison pour laquelle je partirai dans quelques instants en Allemagne rencontrer la chancelière, Mme Merkel.

"Enfants de France, soyez fiers de vos aînés qui vous ont tant donné. Enfants de France, soyez fiers de la France au nom de laquelle ils sont morts. Enfants de France, aimez la France comme ils l'ont aimée, sans haïr les autres. Enfants de France, aimez la France parce que c'est votre pays et que vous n'en avez pas d'autre.

"Vive la République! Vive la France!"

 
Les bases de l'aménagement durable du bois de Boulogne :
   



Quatre axes majeurs  pour structurer le projet ambitieux d'aménagement
durable du Bois de Boulogne :
*réhabilitation des paysages et la restauration des milieux naturels ;
*forte diminution de la pression de la circulation automobile en prenant en compte
la réalité de celle-ci : les effets négatifs potentiels des reports de circulation sur les
communes et les arrondissements riverains situés en périphérie du bois, ainsi que la
différence entre la semaine (à fort trafic de transit) ou les week-ends et les
périodes de vacances ;
*reconquête de l'espace public du bois et une gestion cohérente et transparente des
activités qui se déroulent dans le bois ;
*nécessité d'innover dans les modes de gestion et de gouvernance.

1. Réhabiliter les paysages et restaurer les milieux naturels
Pour cela, il faut :
Sauvegarder et améliorer la qualité des milieux naturels
Développer un mode de management exemplaire
Remettre en valeur la trame d'eau en veillant aux économies de
la ressource
Réhabiliter les paysages
2. Réduire fortement la circulation automobile pour une promenade tranquille 
Une forte réduction de la circulation automobile qui morcelle le bois
La priorité donnée aux itinéraires de circulation douce
3. Reconquérir l'espace public et gérer les activités dans la cohérence 
et la transparence









Pour cela, il faut :
Réguler les activités dans le bois
Maîtriser la fréquentation massive liée aux manifestations
Coordonner dans l'espace et dans le temps les travaux des services et
des concessionnaires
Assurer le respect et la préservation des lieux de mémoire
4. Innover dans les modes de gestion et de gouvernance
Associer usagers et acteurs locaux dans un dispositif institutionnel spécifique
Evaluer la gestion durable
Elaborer un contrat spécifique de sécurité
Etablir un plan de communication partagé
 >> Plan du Bois de Boulogne

Il y a plus de vingt siècles s'étendait déjà en ces lieux une forêt gigantesque qui absorbait les actuelles forêts de Montmorency, de Saint-Germain-en-Laye, le bois de Chaville et le bois de Meudon. Dagobert, roi des Francs (629-639), venait y chasser l'ours, le cerf et tout sorte de gibier parmi les chênes qui peuplaient alors la forêt. Il s'agissait de chênes rouvre, une variété plus petite que les chênes communs, qui donna son nom au bois : la forêt de Rouvray.

Vers 1315 , Philippe Le Bel (1268-1314) y édifia une petite chapelle, après un pèlerinage à Boulogne-Sur-Mer, et le bois prit tout naturellement son nom.Terrain de chasse coutumier des rois de France, le bois de Boulogne devint également une promenade à la mode, lorsqu'en 1727, Mademoiselle Le Maure, chanteuse d'opéra célèbre à l'époque, se retira à l'abbaye de Longchamp. Elle occupait l'emplacement de l'actuel hippodrome. Les bousculades qu'occasionnèrent les récitals de la cantatrice pendant la semaine sainte, qui n'avaient plus rien à voir avec de la dévotion, inquiétèrent l'Archevêque de Paris, qui décida la fermeture de l'abbaye au public.

Le bois de Boulogne resta néanmoins une promenade en vogue, qui donna lieu à toutes les extravagances. Le bois était alors encore en partie clos, afin de permettre à Louis XVI d'y organiser ses parties de chasse, mais il finit par l'ouvrir entièrement au public. En 1848, le bois tomba dans les mains de l'Etat, qui le céda à la Ville de Paris en 1852. A cette époque, Napoléon III avait décidé de remodeler entièrement la capitale et de doter d'un jardin chacun des points cardinaux de Paris. Il jeta son dévolu sur le bois de Boulogne, qui avait été presque entièrement détruit après la Révolution et la campagne de France, pendant laquelle le bois fut occupé et saccagé (1814) par près de 40 000 soldats anglais et russes. Napoléon III confia cette vaste tâche au paysagiste Varé, qui fut rapidement remplacé par l'ingénieur Alphand et le paysagiste Barillet-Deschamps, deux anciens collaborateurs bordelais du baron Haussmann, qui dirigeait les travaux.

Les éléments architecturaux, chalets, pavillons, kiosques, restaurants, ainsi que le jardin d'acclimatation, furent réalisés par Gabriel Davioud (1823-1881). Il est également l'auteur de la Fontaine Saint-Michel, des deux théâtres de la place du Châtelet et du Palais du Trocadéro.S'inspirant des parcs paysagers anglais qu'il avait découvert pendant son exil à Londres, pas moins de quatre cent mille arbres furent plantés, des lacs et des rivières creusés, une cascade de 10m de large et de 14m de haut aménagée.

L'eau était acheminée du puits artésien de Passy, qui fut creusé dans ce seul but (voir square Lamartine). Des allées cavalières et 95km d'allées sinueuses vinrent s'ajouter à ces aménagements titanesques. Il pouvait redevenir alors un lieu de promenade privilégié où Marcel Proust enfant venait se promener ; c'est en revenant d'une promenade au bois de Boulogne que ce grand allergique subit à 9 ans sa première crise d'asthme !