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M. Sarkozy veut créer des primaires à l'échelon des arrondissements

Remue-ménage en perspective au sein de la droite parisienne : Nicolas Sarkozy a annoncé, jeudi 2 mars, lors du meeting de clôture des primaires UMP à Paris, porte de Versailles, la tenue de primaires dans les arrondissements parisiens pour les prochaines municipales.

"Lorsqu'il y aura des sujets de tension dans les arrondissements, on tranchera en temps et en heure", a indiqué le président de l'UMP devant quelque 800 militants venus soutenir Françoise de Panafieu, désormais seule en lice pour l'investiture de son parti aux prochaines municipales. "Je ne veux pas d'une UMP verrouillée, je veux une UMP libre, où on peut grimper les échelons non pas à l'ancienneté mais au mérite, a-t-il lancé. Nul ne doit être candidat parce qu'il est titulaire d'un fief ou d'un héritage."

"SYMBOLE DE L'UNITÉ"

Le ralliement de Pierre Lellouche, Claude Goasguen, Jean Tiberi à Mme de Panafieu, en tête au premier tour des primaires pour la désignation du candidat du parti à la Mairie de Paris, le 25 février, a été salué par M. Sarkozy : "Paris était le symbole de nos querelles. Paris est devenu le symbole de l'unité", s'est-il félicité.

Le risque de candidatures dissidentes aux prochaines municipales dans les arrondissements paraît limité. Mais l'hypothèse est envisagée dans le 12e arrondissement, compte tenu des divisions au sein de la droite.

Des primaires auraient aussi pour avantage de permettre un "renouvellement" dans les arrondissements, dont les maires UMP sont élus depuis longtemps, expliquait Claude Goasguen, conseiller de Paris dans le 16e. Dans cet arrondissement, Pierre-Christian Taittinger est élu maire depuis 1989. René Galy-Dejean dans le 15e, François Lebel dans le 8e et Jean Tiberi dans le 5e détiennent ce mandat depuis 1983. Françoise de Panafieu s'est dite favorable "à l'organisation d'autres primaires locales, dans les arrondissements qui le nécessitent".

Béatrice Jérôme

 

Source : Le Monde (Article paru dans l'édition du 04.03.06)

Nouveau coup de théâtre à l'UMP Paris. Dans la nuit de lundi à mardi, vers 1 h 30, Claude Goasguen a annoncé qu'il se retirait de la course à l'investiture UMP pour les municipales de 2008, au profit de Françoise de Panafieu. Il était arrivé 17 points derrière elle samedi au premier tour des primaires, devant Pierre Lellouche et Jean Tiberi.

« J'ai changé d'avis plusieurs fois dans la journée de lundi, j'ai beaucoup parlé à Nicolas Sarkozy au téléphone, mais j'ai pris ma décision seul, sans pression », assurait hier l'élu du 16e arrondissement, en marge d'un point presse organisé en présence des quatre « candidats de l'union ». La raison de son geste : il ne voulait pas « sortir l'artillerie lourde » contre sa concurrente. « Il aurait fallu taper très fort, et nous n'avons pas besoin de divisions, qui nous auraient affaiblis. »

« Il m'a laissé un message m'annonçant sa décision à 1 h, mais je ne l'ai écouté qu'en me levant », raconte Philippe Goujon, président de la Fédération de Paris, qui doit s'accommoder d'un deuxième tour avec une candidate unique. « On le maintient. La question ne se serait pas posée s'il s'agissait d'une élection nationale. Nous voulons nous aligner sur la loi. » Même s'il admet l'évidence : « Le scrutin n'a plus le même intérêt que s'il y avait deux concurrents. »

La décision prise par Claude Goasguen coupe aussi l'herbe sous le pied de Pierre Lellouche, qui avait prévu d'annoncer son alliance avec Françoise de Panafieu ce même matin. Jean Tiberi, qui s'était « donné 48 heures » pour désigner son favori, a suivi le mouvement. « Nos positions de fond sont très proches avec Françoise de Panafieu », estime le maire du 5e.

Seule certitude : tous trois comptent sur une bonne place dans l'éventuelle équipe municipale de Panafieu, même si « rien n'a encore été décidé ». Ils ont pour mission de rallier un maximum d'adhérents, Françoise de Panafieu ayant pour objectif de « doubler leur nombre d'ici à l'année prochaine ». Elle insiste aussi sur le fait qu'elle devra « rassembler au-delà de l'UMP pour l'emporter face à Delanoë ». Quant à Didier Bariani, président du groupe UDF au Conseil, il a fait savoir hier que son parti avait « vocation à avoir son candidat à l'Hôtel de Ville ».